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association spéléologique NATURE-TEMOIN
 
 

Fermer la porte !

Nous avons trouvé un p'ti trou souffleur qui va faire beaucoup parler de soi: "Fermer la porte s.v.p."

En fait, Guido et Erik étaient passé dans le secteur début janvier 2010, lorsque nous avions trouvé des endroits 'chaud' dans la neige.

Mais ça a pris longtemps pourque Bernard et Erik reviennent pour faire la découverte du trou souffleur juste à côté ! Bref, trouver un souffleur à cet endroit-ci, c'est le chaînon manquant que nous cherchions depuis longtemps!

Suite aux écoulements de surface, on peut dire que le trou souffleur s'est ouvert spontanément. Ca souffle: n'oubliez pas de fermer la porte.On voit le vide dessous.

Dès qu'on se penche dessus, les débris tombent assez loin dans le vide oblique en pente 60°.

Il fallait attendre le départ du gel pourque le trou laisse apparaître à -1 le sommet d'un puits en diaclase avec du volume croissant et des parois bien lissées par l'action de l'eau. Les cailloux tombent dans le vide avec beaucoup de bruit. L'air chaud qui ressort est impressionnant. Nous avons posé une lourde grille au-dessus du trou pour éviter que des animaux tombent dedans.

Bernard et Erik enlèvent un bloc à travers l'entrée à -1m20 et un autre qui pend dessous à -1m50. C'est très rassurant, tête en bas...

Enfin, le passage est libre pour la descente, exactement 15 ans après la découverte du Passe-Muraille. Il faut prévoir une corde et une massette et prévenir du monde qui bosse pas en semaine...

Ont Fermé la Porte : Myriam (support), Erik (operateur avec dos et bras paralysé du vendredi passé, car la remontée a plus ou moins été problématique), Bernard (première jusqu'à – 10 ; étroiture à agrandir ; puits parallèle observé)

Ensuite, Pascal rejoint Bernard, puis ils remontent et se retrouvent coincés par le dernier bloc que Erik voulait encore éliminer mais Mr-B était trop impatient. Gaël agrandit l'étroiture à - 7 au marteau ; première jusqu'à -14 ; nouvelle étroiture ouvert avec les pieds, et se fait presque guillotiner par un rocher géant qui a glissé de tout en haut. Heureusement il s'était caché dans une cloche. La corde qu'on a est trop courte (ce n'est pas une 20 mais une 15), donc Bernard redescend, se délonge, élargit et passe cette étroiture et atterrit au fond de la diaclase à -16 environ ; parcours étroit à l'horizontale avec grand courant d'air frais et constant sortant. Pas de mesure de gaz effectuée.

La température est bonne: il fait 31°C à l'extérieur; dans l'ombre il fait 19°C; le courant d'air est à 11°C !!

Situation printemps 2012: Il est important de recouvrir l'entrée à chaque fois avec la grille et le camouflage en place, car, jusqu'à 2 reprises, nous avons retrouvé la plaque mise de côté et les branches enlevé par des inconnus.

Bienque, il n'y a rien contre les visites ou même des désob dans nos trous, si le visiteur éventuel fait la peine de nous en informer, et, surtout, de remettre la grille (et de fermer la porte!!) car c'est important d'éviter des chutes d'animaux ou même de personnes dans l'aven...

Afin de sécuriser l'entrée et les puits, nous sommes partis à trois. Pratique, on peut garer la bagnole près du trou, qui aspire le bon air ardèchois mais qui le souffle son melange au gaz carbonique dans l'air gardois... On peut parler d'une grotte intercommunale, même interrégionale !

Après que Pierra était descendu pour planter ses spit, Mickaël se retrouve avec un autre gros bloc qui s'est décollé et qui menaçait de tomber. Il fallait un gros Erik le viking pour sortir le caillou, un gaillard d'une cinquantaine de kilos!!

Après l'équipement correct des deux tête de puits, nettoyage et elargissement des passages étroits au marteaupiqueur et groupe électrogène... et ne pas oublier de fermer la porte !!

Ce dimanche 3 juin 2012, c'était la journée désob dans le trou. La veille, j'avais trop piccolé à la fête de la Farigoule, donc cela m'a fallu 3 reprises pour essayer de passer la chatière d'entrée. Mais, finalement, j'ai fait ma petite première et je me retrouvais en tête du deuxième puits, dans l'attente de Stéphane pourqu'il me rejoigne, afin de voir avec lui ce qu'on pouvout réaliser aujourd'hui. Mais, très vite, je sentais la présence de gaz carbonique dans le trou. La mesure l'a confirmé: 3% de CO2, bienque, 1 m au-dessus, il y avait un courant d'air frais. Il fallait donc chercher où il passe. On a tous les deux descendu le deuxième puits, mais il était aveugle et le gaz tombe dedans, donc il y avait peu d'espoir de trouver la suite dans ce puits.

Après la remontée, Stéph devait s'en aller et je me retrouvais seul avec Mickaël, le groupe électrogène et le marteuburineur. On décide de chercher dans les deux arrivées horizontaux, l'un dans lequel j'avais senti le courant d'air passer, et que j'avais commençé à attaquer, pendant que Mickaël allait enlever la lame qui bloquait le passage duquel venait le CO2, mais derrière lequel un courant d'air formidable était la cause de cette repoussée de gaz carbonique vers nous.

En effet, le courant d'air passait par une étroite lucarne dans un puits parallèle. C'était pas évident de désober là, car on était coinçé en oppo au-dessus d'un P7, dans la lucarne, pour essayer d'enlever assez de matière rocheuse pour atteindre notre objectif: que l'un de nous deux puisse au moins regarder dans le puits parallèle, ignoré par tout le monde, car il passait juste 1m à côté...

Après deux heures de nos désob en conditions spéctaculaires, c'était enfin Mickaël qui réussira à passer la lucarne, et pouvait descendre une magnifique P10 en première, une puits très large, qui est totalement concrétionné et qui se dédouble deux fois. A son fond, plusieures chatières dont une qui souffle fort et qui doit être désobstrué pour donner suite à une quatrième verticale de minimum trois mètres...

Nous avons fermé la porte, en laissant un petit message pour l'éventuel visiteur, dans l'espoir qu'on respecte notre découverte. Ce trou m'a vraiment bouleversé, et les autres aussi, comme toute l'équipe est très motivée, on peut vraiment dire que l'aven du GASOIL (Groupement d'Action Spéléologique Orgnac-Issirac-Labastide) est né... et que cela a pris 15 ans pourqu'une telle première historique se reproduise dans ce secteur!

Ajourd'hui j'ai fait un peu de topo surface pour relater toutes les dépressions autour du trou sur le plan. Demain il y aura une nouvelle descente pour mettre la lucarne aux normes des plus gros entre nous (moi!!)

Dans l'attente, voici quelques photos du flora qu'on va essayer de ne pas écraser autour du trou... car on ne va pas encore vous gatter avec des images effrayantes des puits!!

Troisième et quatrième guillotine

Nous avons déjà appelé le puits d'entrée le 'Puits des guillotines' car, à deux reprises, des bloc de 50 à 100 kilos se sont décollés de la paroi, et ont failli à guillotiner Gaël, ensuite Pierre. Ce jeudi, c'était la grosse désob pour calibrer la lucarne entre le 2me et le 3me puits (Pierre, Mickaël, Noë) et ensuite ils attaquent le trou de poing en bas du P10 (Puits du Gasoil), quand, soudain, une 3me guillotine d'environ 150 kilos s'est décollé et a raté Noë à un poil... Erik est arrivé tard, mais on a tous vécu le passage en première de Noë dans une petite salle qui se dédouble, ensuite il faut à nouveau dégager pour suivre zéphyr qui nous souffle dans les yeux. En remontant, on a fait la topo de -20 jusqu'à la surface.
Le dimanche après, Pierre et Raph sont allé bosser dans la salle et dans le puits, quand ce dernier est rescapé à un quatrième bloc qui a failli l'écraser...

 

Curieux ??? Faut revenir souvent ici pour voir la suite !!

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